L’espace d’habitation privé a toujours été un lieu où les gens affichaient leur richesse. Pour autant, ce luxe restait invisible au public. Au fil des siècles, les formes d’habitat évoluèrent tandis que fonctions des pièces se spécialisaient.
À la Renaissance, la villa connut un renouveau en tant que résidence secondaire. Ce n’est qu’au XIXème siècle que ce type de construction s’implanta également dans les villes, marquant particulièrement les grandes métropoles et les villes thermales telles que Baden-Baden.
L’agencement des villas s’inspira d’abord des styles et des époques passés, de l’Antiquité à la Renaissance et au baroque. À la fin du XIXème siècle, on se détourna des modèles historiques - et aussi des produits industriels fabriqués en série. Le mouvement Arts and Crafts, puis l’Art Nouveau, cherchèrent des formes nouvelles et une conception individualisée.
L’objectif était de créer ce que l’on appelait une « œuvre d’art totale ». L’architecture, le mobilier, les objets du quotidien et même les vêtements et les bijoux devaient former un ensemble harmonieux. Malgré les idées socialistes défendues par le mouvement, ce type d’architecture resta principalement réservé à une élite fortunée. L’aménagement et la décoration, la conception intégrale des espaces, réalisée à la main avec un grand soin, étaient en effet extrêmement coûteux.
Baden-Baden possède elle aussi un remarquable exemple d’alliance entre l’historicisme tardif et l’Art Nouveau : il s’agit de la villa Sirius, située au 15, Kaiser-Wilhelm-Straße. Elle est l’œuvre de l’architecte Fritz Klingholz, qui la construisit en 1910 au bénéfice du chimiste et industriel Max Fremery. A cette occasion, Klingholz conçut des plans très élaborés, dans lesquels il prit en compte les moindres détails à l’ensemble de l’aménagement intérieur.